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Un jour, un soir, une nuit, le temps s'arrête à Torgny !

Restaurant La Grappe d'Or *En route pour le pays deClément Petitjean, à Torgny, dans ce charmant petit village gaumais situé à la frontière française.Un séjour court, trop court surement, mais intense! Un soir, une nuit, une matinée, juste le temps pour faire un premier pas dans l'univers gourmet de ce charmant coin du sud du pays. Au programme dîner àLa Grappe d'Or, nuit à l'auberge L'Empreinte du Temps, shopping à la boutique de vin"Vin en vie", lunch àLa Table de l'Empreinte du temps, du 100% Petitjean !Mais avant ça, pas simple d'arriver à ce petit bout de paradis. On roule, on roule, on roule, on roule... Des routes de plus en plus sinueuses, sombres et boisées. L'ambiance estautomnale presque hivernale.Soudain, le temps semble s'arrêter,.. Nous voilà enfin arrivés.C'est le calme, la douceur...etMonia Aouini, épouse du chef et remarquable maitresse de maison, qui nous accueille et nous invite à la découverte de ce petit monde gastronomique.Bienvenue à Torgny!L'Empreinte du TempsInstallés dans les chaleureuses et confortableschambres de l'Empreinte du Temps, on aurait presque un peu denostalgie tant cette petite maison d'époque, remplie d'histoire, nous rappelle nos séjours d'enfance chez nos grand-parents: poutres enbois, murs en pierre, clenche à poucier enfer, parquet craquelant sous les pas, literie enlaine, petit carrelage et poêle à bois à l'entrée... notre "maison" de Proust ?En face, un peu plus haut dans la rue, trône la fameuse Grappe d'or, belle bâtisse en pierre de pays (évidemment), ancienne ferme, qui nous attend pour une soirée à la rencontre duterroir luxembourgeois.La table étoilée de Clément, ce jeune chef gaumais passé notamment par Guy Savoy et Jean-Georges Vongerichten, continue dans la lancée de celle de "Monsieur Boulanger" (comme tout le monde le nomme ici), précédent chef-propriétaire des lieux. Mais depuis maintenant 8 ans à la tête des fourneaux Clément a ajouté sa patte à la carte avec un joli coup de fraîcheur, d'audace et de créativité.Le cadre est authentique et chaleureux. On retrouve d'ailleurs avec plaisir ici et là les signes de cette ancienne ferme : mangeoire en pierre, sol écorché (par les sabots du bétail sans doute), petit feu de bois au sol, meubles d'époque, on ne bleuf pas.Ici,on respecte le lieu, et son histoire que Monia prendra le temps de nous narrer avec beaucoup depassion et soucis detransmission.Quel accueil !Sincère et attentif, on se sent comme chez soi, bien blotti contre le feu à siroter une coupe de champagne apéritive accompagnée de ses délicieuses mises en bouches.La première, fraîche et légère pour démarrer, est composée defromage blanc, radis "red meat" et consommé de légume(une délicate eau de tomate) au yuzu. C'est tout en finesse.Toujours bien au chaud, s'en suit dans une jolie poterie artisanale, untartare de couteau, pesto de shiso, artichaut barigoule et une superbe crème d'épinardd'une étonnante onctuosité.La troisième et dernière clôture sur une excellente note viandeuse avec cette parfaite croquette de pied de porc en panure de pain de campagne(que j'ai d'abord cru du Panko tant elle était croustillante et légère!)et mayonnaise d'anchois ! La salle de restaurant est sobre et classique.Côté table, on retrouve beaucoup de soin apporté aux détails notamment avec cettepierre de sel rose à râperou encore avec cescouteaux uniques créés exclusivement pour la Grappe d'Or par le designer coutelier gantois (déjà partenaire avec les chefs Kobe Desramault et Peter Goossens), voire le beurre battu poinçonné de la vigne empreinte de la Grappe d'Or (car ici, il ne faut pas oublier que nous sommes en terre de vigne!)Mais surtout, il y a le pain. Et alors,quel pain ! Clément signe ici une de ses spécialités (ce qui n'est pas l'apanage de tous les chefs...).  D'abord avec cepain gris aux graines de linqui est sans doute le meilleur pain que j'ai pu manger depuis bien longtemps : mie aérée, croute épaisse et croustillante, goût et odeur..., le souvenir est impérissable ! Et cesbattons aux échalotes et Orval, outre leur jolie esthétique féérique, sont de véritables bombes boulangères! Chapeau bas Mr. Petitjean! Passons la mise en scène, place au menu!Et ça démarre fort ! Car il fallait l'oser, associer deshuîtres, avec, dugibier, cru, façon"chimichurri" (une marinade épicée typique d'Amérique du sud) ! Visuellement très réussi, ce faon version fusion s'avère tout aussi convaincant en bouche. Une viande impeccable dont la puissance s'accommode sans difficulté à la force du piment, le tout boosté et rafraîchi par l'iode des huîtres et adouci par letopinambour. Un joli terre-mer audacieux, très réussi!Gigue de faon en marinade chimichurri, tempura d'huître gillardeau n3, crème de topinambour, sauce barbecuePour cette deuxième entrée, l'harmonie est au blanc. LesSaint-Jacques rôties sont d'une étonnante fermeté. Lespalourdes et lapurée de persil racinesont très fines. Je reste par contre moins convaincue sur la nécessité d'ajouter encorepoire etcarotte (bien que bien cuite en croute de sel) à cette composition qui aurait peut-être gagné en simplicité...Noix de saint-jacques, condiment de palourdes façon marinière, carottes blanches et poires-conférence cuites au gros sel, racine de persilLe plat qui suit nous ramène augibier.Et autant dire que le chef aimebousculer son terroir! Cette fois notre"porcelet des forêts"se voit associer, non pas aux poires, airelles, croquettes et autres classiques du civet, mais prend une joyeuse note ensoleillée avec une onctueuse crème d'avocat, un intense concentré depiquillos et un excellent crunch aupiment doux... etfumé(histoire de lui rappeler quelques saveurs locales ;-) ? ).Et ça fonctionne, coup de coeur ! Ces généreux maki demarcassin croustillants façon Petijean sont superbes! Chaque bouchée est une véritable explosion de saveurs. Très belle reconversion pour ce classique de saison.Effilochée de marcassin aux épices douces, guacamole, concentré de péquillos, crackers au piment doux fuméC'est "la (généreuse) pièce du boucher" qui clôturera le chaud avant le passage au fromage. Lemerlan de boeuf pour être précis, une pièce peu connue située dans l'arrière cuisse. Une viande rustique, locale et bio fournie par en Gaume, très savoureuse et cuite à la perfection ici façon tagliata. La déclinaison depotiron, en purée et en gnocchi est parfaite, associée à merveille à une sauce à base de soja. Et on oublie pas la chaleureusemoelle marinée au Tulbaghia (aussi appelé Ail d'Afrique) qui nous rappelle qu'on est bien en terre campagnarde.« La pièce du boucher », Merlan de boeuf de nos prairies grillé, concentré de courge bleue de Hongrie, écume de soja infusé à l'échalote, la moelle marinée au Tubalgia, cardon au jus,gnocchi de potimarron, consomméEnsuite, c'est Monia, toujours aussi bonne conteuse, qui nous racontera le spectaculaireplateau de fromages sélectionnés par Bernard Antony(éleveur de fromage français). Les histoires son appétissantes, le choix est difficile (même si lebleu d'Acremontsemble être un inévitable, et à raison!), quant auxcondiments, ils sont à l'image du chariot, innombrables, sans oublier à nouveau le pain évidemment ... que dire,... cette épaisse tranche aunoix et raisins de corinthe me rappelle le bonheur des pains précédents! Fabuleux! Le sucré, annoncé par une délicieuse petite crème brûlée, fait ensuite honneur au verger:pomme, pignon, pin. Si l'idée du thème de lapomme en déclinaison, fruit bien de chez nous et de saison, est bonne, l'ensemble me semble un peu trop complexe à ce stade du menu même si visuellement, l'assiette est très réussie et les petits financiers très moelleux.Pomme au four, aromatisée au bois de pin, financiers, sorbet au cidre bouché, gelée de jus des vergers de Gaume aux pignons.Côtévin, c'estBarbara Hoornaert, la toute jeune et récemment élue "sommelier de l'année 2014 - province du Luxembourg"qui jouait les accords. Épaulée par l'ancien sommelier de la Grappe,Cédric Thomas (aujourd'hui gérant de "Vin en Vie", la cave à vin attelée au restaurant (voir ci-dessous)), elle nous a proposé quelques choix audacieux et de belles découvertes. Comme ce vin d'Alsace rouge de Marcel Deiss, absolument parfait pour accompagner cet étonnant faon en chimichurri, ou encoreLes Becs Fins, Côtes du Rhônes Villages de Tardieu-Laurent qui tenait tête à cette rustique et savoureuse pièce de boeuf local. Essentiellement tous desvins naturels ou élevés en biodynamie, Clément nous affirme d'ailleurs à ce sujet proposer ces méthodes de vinification du vin depuis de nombreuses années. On sent la jeune sommelière encore débutante (elle suit d'ailleurs toujours en parallèle une formation d'oenologie), mais son approche du vin laisse percevoir une belle maturité et présage déjà un bel avenir (comme pour le vin ;-)).De A à Z, tout est dans le détail avec toujours un grand soucis de qualité mais aussi d'histoires et d'Hommes, à l'image à nouveau de ce dernierchariot Thé. Des infusions issues de la petite exploitation agricole biologique, "", située à Ansart, spécialisée en herboristerie médicinale. Ils cultivent et récoltent leurs propres herbes et fleurs aromatiques avant de les sécher de façon la plus optimale. Résultat? Des infusions d'une grande qualité, très fines, parfumées et sélectionnées ici pour leurs bienfaits que nous propose et explique en détail Clara: digestive? relaxante? apaisante?Et c'est sur  cette petite note bien être que se termine cette belle soirée gastronomique à La Grappe d'Or. Une bonne nuit de sommeil et on continue l'aventure...Au réveil, on découvre enfin le petit village sous la lumière du jour. Quelques pas à l'air frais et nous retrouvons la belle bâtisse de La Grappe d'Or pour le petit déjeuner.Et ça ne rigole pas les petits-déjeuners chez les Petitjean !A notre grand bonheur, nous retrouvons les délicieux petits pains de la maison, mais aussi des fromages, charcuteries, pâtes à tartiner, confitures, miel, yaourt, beurre, jus,... tout maison ou local ! Un déjeuner gargantuesque à l'image du repas de la veille qui signe à nouveau la fabuleuse générosité de la maison ! Et bien que nos esprits soient en mode slow-épicurien, la montre, elle, continue de tourner et voilà que le temps nous rattrape petit à petit. Vite la prochaine escale Torgnolaise,"Vin en Vie", la boutique à vin "Hors des Sentiers Battus" géré par Cédric Thomas, ancien sommelier de la Grappe d'Or !Et quelle "boutique à vin"!Encore un passionné. Un féru du raisin qui aime partager, transmettre, raconter ! En somme, un gars bien de la famille Petitjean! Cédric Thomas aime et connaît parfaitement ses vins. Sa sélection est le résultat de coup de coeur et d'émotion, et si possible pas au plus cher! Sa philosophie? Du bon à prix doux. Pas la peine de toujours courir les Romanée blabla ou les Petrus par-ci pour éprouver le plaisir des trésors de la vigne. Et c'est lui qui le dit: "Ce n'est pas parce que c'est écrit "Grand Cru", sur une étiquette d'un vin, que celui ci va vous plaire, vous toucher... Car il n'existe pas de petites ou de grandes région viticoles, il y a juste de bons vins... et des moins bons... Pour moi, le plus important est le "Plaisir en Bouche"!!! Et parce que le plaisir ne doit pas coûter plus cher! Les vins de la boutique, sont recherchés, dans le souci du rapport qualité / Prix / et Plaisirs!!! Avec plus de 200 références de vins, dont : plus de 100 à - de 15 Euros, plus de 45 à - de 10 Euros et plus de 15 à - de 6.5 Euros!" Tout est dit !   Et le temps qui s'est à nouveau arrêté puisque nous sommes restés une bonne heure et demi à écouter Cédric nous raconter ses vins et nous partager sa philosophie. Inévitablement, on est séduits et on repart avec quelques belles découvertes sous le bras.Mais avant de quitter Torgny, nous devions encore clôturer le voyage par la dernière pièce du puzzle Petitjean: La Table de L'Empreinte du Temps.Même philosophie qu'à La Grappe mais version bistrot (-nomique?).On y retrouvera à notre bonne surprise Mylène que l'on avait connu à l'aventure ardennaise de Clément avec le restaurant Le Gastronome à Paliseul, aujourd'hui terminée. Mylène, en salle, toujours aussi accueillante, avec en duo aux fourneaux, un ancien lauréat de l'émission belge "Comme un Chef", le jeuneSimon Fosty.Sous la houlette de Clément, il exprime au fil des jours sa propre cuisine et propose une carte composée de 4 entrées, 4 plats et 4 desserts à choisir selon une formule 2 services 24 €, 3 services 28 €.La qualité des produits et leur proximité sont à nouveau à l'honneur dans cette brasserie locale aux notes contemporaines. L'ambiance est conviviale, pas de chichi. À l'apéro, on se sert au petitbuffet d'antipasti gaumais: charcuteries locales et divers pickles maison au programme. De quoi accompagner une bonne bière, elle aussi du coin. Un péché mignon du chef Petitjean qui n'hésite pas à s'entourer d'un des meilleurs "sommeliers" brassicole de Belgique, pour faire sa carte à bière. Christophe Gillard et son "Mi-Orge, Mi-Houblon" sont en effet reconnu au top 50 des meilleurs commerces de bière au monde! Et c'est à Arlon que ça se passe! La Simcoe Lager, une pils de type américaine, très légère (3,5°) et très fraîche, brassée à la Brasserie Sainte-Hélène de VirtonSur la carte en ardoise, les entrées sont simples et chaleureuses. Lamoelle en persillade est fondante, la langue aux câpres réconfortante et le foie de veau poêlérassure, le tout formant une belle entrée pour les amateurs d'abats que nous sommes.Le velouté de potiron, joliment servi, manque un peu de peps accompagné de kneidel(sorte de gnocchi juif à base de pain) au safran gaumais.J'avais hésité aussi avec le boeuf de nos prairies séché aux épices et rutabaga en vinaigrette... Pour une prochaine fois.En plat, lecassoulet est plutôt mini (ce qui tombe à pic après le festin de la veille). La saucisse sèche entière est un peu trop présente à côté des quelques fèves qui accompagnent mais les saveurs y sont et l'ensemble bien balancé. L'inévitable gibier de saison (on ne s'en lasse pas) avec son acolyte chocolat fera notre affaire. Un réconfortantfilet de marcassincuit juste comme on l'aime, ni trop, ni trop peu, un agréable aligot au fromage d'Orval qui nous encre bien dans le terroir et une intensesauce aux grués de cacao. C'est juste ce qu'il nous fallait!Bien qu'à ce stade de l'aventure, nous sommes rassasiés pour un mois, on ne résiste pas à goûter un dernier petit dessert ("pour la route" dit-elle...) et optons pour le"Mille feuille façon tarte citron" à partager, un de nos desserts préférés. Très gentiment séparé en 2 assiettes par le chef, l'amertume du citron est un peu trop forte mais les meringues sont juste comme il faut.Mais on oublie vite cette dernière petite note amer avec le sourire de Mylène et le dernier au revoir avec nos hôtes  qui nous laissent une impression d'unegénérosité rare, touchante, sincère et fabuleuse.Soudain le temps se remet en marche, il est l'heure de reprendre la route, un peu nostalgique d'un si beau moment de rencontres, de découvertes et de saveurs, on quitte le petit village de Torgny et sa grappe de vin dorée, la tête et l'estomac plein de magie.On reviendra, c'est certain !PS: et je repars, avec sous le bras, un fabuleux petit pain de Clément histoire de prolonger un peu le moment... Merci chef!La Grappe d'OrL'Empreinte du Tempsrue de l'Ermitage 186767 Torgny (Rouvroy)T. 063/577 056
 


 
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